Histoire
Le 03/01/2026La peinture en lettres consiste à créer, à main levée, des lettrages variés sur tout type de support et dans n’importe quel format. Cette technique offre une solution d’affichage unique, durable et esthétique, s’harmonisant parfaitement avec son environnement et l’architecture alentour. En véritable alternative aux adhésifs et enseignes en plastique, les lettres sont réalisées à la peinture ou sublimées avec de la feuille d’or. Ce métier exige un savoir-faire précis, alliant des compétences techniques rigoureuses à une
sensibilité artistique affirmée.
Ce savoir-faire artisanal ancestral a connu son âge d'or entre la fin du XIXème siècle et le début du XXème siècle, rapidement éclipsé par l’avènement de l’impression numérique.
Le XIXᵉ siècle marque l'âge d'or de la peinture en lettres, jusqu'aux années 1930, notamment pour les enseignes de théâtres, cafés, restaurants, magasins de luxe et boutiques d’alimentation.
Parallèlement, l’élargissement des supports publicitaires entraîne l’expansion des réclames peintes directement sur les murs. Dès les années 1840 en France, des entreprises d’affichage se spécialisent dans ces peintures murales, recouvrant les bâtiments, jusqu'à l'apparition des taxes publicitaires.
Après 1935 et jusqu’aux années 1950, la peinture en lettres sur les boutiques amorce son déclin. L’évolution rapide des techniques et l’introduction de nouveaux matériaux lui permettent de s’adapter temporairement, notamment avec l’utilisation de lettres en relief en tôle, acier inoxydable, laiton, bois ou plexiglas. Mais l’essor des enseignes lumineuses et leur popularité croissante dans les zones urbaines marque un tournant décisif.
L’apparition de l’impression laser dans les années 1970, suivie par l’ère de l’impression numérique et ses déclinaisons (PVC, dibond, aluminium), relègue définitivement la peinture en lettres au rang de pratique marginale, obligeant les peintres en lettres à poser leurs pinceaux, pour ne plus jamais les reprendre...
La discipline, la minutie et la patience sont les clés de la réussite d’un beau lettrage. Les outils aussi. Le peintre en lettres utilise des pinceaux en poils de martre, en poils d'écureuil, en poils synthétiques, ou en soie de porc, lui permettant de stocker un maximum de peinture et de réaliser un tracé direct, net et sans à coups.
Muni de sa canne de peintre - ou simplement au petit doigt - de sa palette et de sa peinture, aucun support ne lui résiste !
L'apprentissage est long et demande un investissement personnel intense. La maîtrise de la lettre et de ses règles est essentielle pour exceller en tant que peintre en lettres. Les lettres ne sont pas de simples formes graphiques : elles sont porteuses de sens et d’esthétique, et leur conception exige une compréhension approfondie des proportions, des courbes, des angles, des espacements. Respecter les principes d'équilibre est primordial pour garantir une lisibilité optimale et une harmonie visuelle, que ce soit sur une enseigne, une vitrine ou un panneau. Les rapports harmonieux entre les différentes lettres, ainsi qu'entre les mots, jouent un rôle clé dans la composition globale. Une mauvaise gestion de ces éléments peut compromettre l’impact visuel et la clarté du message.
Aujourd'hui, un peintre en lettres doit conjuguer tradition et créativité, en adaptant ces principes intemporels aux exigences modernes, pour créer des œuvres à la fois fonctionnelles et artistiquement remarquables. S'engager dans cette voie nécessite donc non seulement une passion pour la lettre, pour l'art et l'artisanat, mais aussi un apprentissage solide pour acquérir les bases indispensables et répondre aux exigences d'un travail de qualité.
De la maîtrise des outils et des matériaux à la compréhension des styles typographiques et des harmonies de couleurs, chaque étape demande une formation sérieuse et approfondie.
Le métier de peintre en lettres connaît aujourd’hui un renouveau, porté par un engouement croissant pour l’authenticité, le travail artisanal et une esthétique intemporelle.
Dans un monde dominé par le numérique et les matériaux standardisés, cette discipline revalorise le savoir-faire manuel et l’élégance des créations uniques. Elle prone le fait main, le local, l'humain, le beau. En 2026, on recense une centaine de peintres en lettres à travers la France, témoignant d’une passion retrouvée pour cet art traditionnel.
Preuve que le métier n'est pas mort, ces derniers se retrouvent, chaque année un peu plus nombreux, lors d'une rencontre appelée "Martre", on vous en dit plus par ici !